Le Dhikr - l'invocation de Dieu

Publié le par Hamza Ahmad Ali

Le Dhikr

  l'invocation de Dieu et son importance

        « Ceux  qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent (s’apaisent) à l’invocation d’Allah, n’est-ce point par l’invocation d’Allah que se tranquillisent (s’apaisent) les cœurs »(Coran, Sourate 13 , verset 28)
«O, vous qui croyez ! Invoquez Allah d’une façon abondante »(Sourate 33, verset 41)  
       
  L’invocation de Dieu (La Ilaha ill'Allah) a une importance capitale pour l'aspirant vers Dieu qui souhaite purifier son cœur et atteindre par là le degré d'excellence; et nous allons voir, à travers quelques Hadiths du Prophète (S.A.W.) et quelques paroles de grands saints et savants, que l’invocation de Dieu a une importance capitale du fait de son effet unique sur le cœur, qui consiste à le préparer pour mieux comprendre le message divin et être en concordance avec Sa loi.

Le Dhikr (La Ilaha ill'Allah ) était  le premier message passé par le prophète Sidna Muhammad(SAW) à sa communauté, il n’y avait pas de prescriptions autre que le Dhikr au début de la Da’wa, car c’est par le biais de l’invocation abondante du Seigneur qu’on L’aime  et qu’on obéit par conséquent sans peine à toutes Ses prescriptions.. Abdullah ben Bousr –RAA- a dit : un homme s’interrogea : « O Messager de Dieu ! je trouve que les lois divines sont trop nombreuses, indique-moi une à laquelle je m’attache le trop ». Le prophète (SAW) lui répondit : « C’est, que  ta langue ne cesse de mentionner Dieu ». (rapporté par Al-Timidhi)
Par la mention abondante de Dieu on finira par L’aimer et L’adorer comme il Se doit, et inversement si on L’aime, on ne se lassera jamais de Le mentionner.
    Pour montrer que l’invocation de Dieu « le Dhikr »  est meilleure que tout autre acte de piété et de dévotion, on cite le Hadith suivant rapporté par Abû ad-Dardâ’ selon lequel le Prophète (S.A.W.) a dit : « Voulez-vous que je vous annonce quelles sont les meilleures de vos actions, les plus pures auprès de votre Seigneur, celles qui vous élèvent le plus en degré, et meilleures pour vous que de dépenser or et argent en aumône, et meilleurs pour vous que de rencontrer vos ennemis lors d’une bataille pour les tuer ou pour qu’ils vous tuent ? Ils répondirent : Oui. Certes. Il reprit : Eh bien c’est l’invocation de Dieu le Très-Haut. (Hadith rapporté par AlBoukhari et Mouslem)
    Et Mu`âd Ibn Jabal a dit suite à ce Hadith : « Il n’y a pas de chose qui éloigne du châtiment de Dieu autant que l’invocation de Dieu. ».

La mention de Dieu est essentiellement la vie des cœurs :
Abou Mûssa Al-Ach’ari-RAA- a dit :  le prophète (SAW) a dit : « Celui qui évoque Dieu et celui qui ne l’évoque pas, sont comparables à un vivant et un mort ».(rapporté par Al-Bokhari)

     Un autre Hadith montre l’importance et la valeur inestimable que Dieu accorde à son serviteur qui l’invoque. C’est un Hadith rapporté par Abû Hurayra qui rapporte

que le Prophète (S.A.W.) a dit : « Dieu exalté dit : Je suis tel que Mon serviteur M’estime, et je suis avec lui s’il M’invoque. S’il m’invoque en lui-même, je l’invoque en moi-même, et s’il m’invoque dans une assemblée, je l’invoque dans une assemblée bien meilleure encore. »

 
     D’un autre côté, l’importance de l’invocation de Dieu est telle que l’abandonner a des conséquences graves et même très graves sur le disciple.

     Dieu dit dans le Coran : « Et celui qui abandonne l’invocation de son Seigneur, On lui attribue un mauvais esprit qui ne le quitte pas. »

     Le manque de Dhikr peut conduire le musulman à devenir un hypocrite (munâfiq), ce qui est grave. A ce sujet, Dieu dit dans le Coran, en parlant des hypocrites (al munâfiqîn) : « Certes les hypocrites trompent Dieu, mais c’est Lui qui les trompe… » jusqu’à ce qu’il dise « …Et ils n’invoquent le Seigneur que peu ».

Nous comprenons donc de ce verset, par simple logique que, pour ne pas être un hypocrite, il ne faut pas invoquer le Seigneur peu mais l’invoquer beaucoup ; et c’est ce sur quoi notre Maître Sidi Hamza insiste continuellement.

     Sidi Hamza dit : « Le Dhikr est un médicament. »
   Il dit aussi : « Le Dhikr est la cause de tous les bienfaits. »

     D’un autre côté, il ne suffit pas de dire « je fais du Dhikr ». Non ! il faut le faire aussi dans les conditions qui font que ce Dhikr atteigne le cœur et fasse son effet de purification sur lui. Ces conditions que l’on appelle Adab ad-Dhikr, sont connues(le respect des règles de bienséance, l’orientation vers la qibla, la concentration et la bonne orientation…)

Le Dhikr se fait très souvent aussi en assemblée : « Et arrête-toi en compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, qui cherchent son visage. Et que tes yeux n’aillent point au delà d’eux » (Coran, Sourate18, verset 28)

Abou Horaira et Abou Said –RAA- ont dit : le Messager de Dieu(SAW) a dit : « Il n’y a pas des gens qui évoquent Dieu glorifié et honoré, sans que les anges ne les entourent (de leurs ailes), la miséricorde ne les enveloppe, la sérénité ne descende sur eux et Dieu ne les mentionne chez ceux qui se trouvent auprès de Lui »(Rapporté par Mouslem )


Abou Waqued , Al Hareth ben Awf –RAA- a dit : « Le Messager de Dieu(SAW) était assis, un jour dans la mosquée en compagnie des musulmans, trois hommes entrèrent. L’un deux partit, alors que les deux autres avancèrent  et se mirent à , contempler le Messager de Dieu(SAW). L’un deux trouva une place vacante dans le cercle(du Dhikr) et s’assit, tandis que l’autre pris place derrière les gens. Quand au troisième , il s’éloignit  en tournant le dos. Quand le Messager de Dieu(SAW) termina, il dit : « Voulez vous que je vous instruise au sujet de ces trois hommes ?: Le premier a cherché refuge auprès de Dieu et Dieu le lui donna. Le deuxième a été empêché par sa pudeur de déranger les autres et Dieu a ressenti de la pudeur à son égard, quand au troisième , il s’est détourné de Dieu et Dieu s’est détourné  de lui ».( Rapporté par AlBoukhari  et Mouslem)


     Enfin, il est important pour le disciple de faire un bilan régulier de lui-même. S’il voit que ses états et son comportement ne s’améliorent pas, c’est pour deux raisons :
soit qu’il ne fait pas son Dhikr, soit qu’il le fait mal. Le disciple doit donc habituer son âme à invoquer Dieu régulièrement, de manière individuelle et en groupe.
    
En guise de clôture, écoutons deux témoignages de deux saints sur l’importance de l’invocation de Dieu et ses effets sur le cœur.


     Al Imam abd Al Karim Al quchaïri [R.A.A] a dit : « L'invocation du Dieu est la garantie de la sainteté, et la lumière du chemin qui mène vers la rencontre du Dieu, c'est le moyen de réaliser ces vœux, le signe du bon début sur le chemin vers Dieu, le signe annonciateur d'une fin heureuse sur le chemin vers Dieu, Il n'y a rien avant le Dhikr ( c'est le début de tout) et toutes les qualités nobles reviennent au Dhikr et prennent leur racine dans le Dhikr. »


     Abd Allah Ibn Abbas [R.A.A]dit : « Chaque  fois que Dieu impose à son serviteur une Obligation,  il donne à celle-ci une limite définie et il a excusé les personnes qui n'ont pas accompli cette obligation dans les cas de difficulté ou   d'inaptitude, sauf pour le Dhikr, pour lequel Dieu n'a imposé aucune limite et pour lequel il n'a excusé personne s'il ne l'accomplit pas sauf s'il n'a pas ses facultés intellectuelles lui permettant d'être responsable de ses actes. Dieu a ordonné son invocation dans toutes les situations, C'est ce qui est dit dans le verset « Invoquer Dieu debout assis et couchés » Dieu a dit aussi " Ô croyants, invoquer Dieu  abondamment » (c'est a dire ) nuit et jour en terre et en mer, en voyage ou chez vous, dans la richesse et la pauvreté, quand en est en bonne santé ou malade, secrètement ou ouvertement et dans toutes les situations. »   

(voir « les vertus du Dhikr » d’Abdel Qader ‘Îsssa et « les jardins des vertueux » du Imam Annawawi : chapitre du « mérite des assemblés  d’évocation de Dieu, et l’exhortation à y prendre part avec assiduité et à ne pas les quitter sans excuse valable »)


  Le Mouvement dans le Dhikr

     Le mouvement  qui peut accompagner le Dhikr est apprécié, parcequ’il stimule le corps dans l’accomplissement du rituel de l’invocation. Il est légalement permis ; la preuve en a été donnée par l’Imam Ahmad dans son Musnid et al-Hâfiz al-Muqaddasî d’après ce témoignage de Anas:
« Les abyssins dansaient devant l’Envoyé de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) en disant dans leur langue:
- Mohammed est un serviteur (de Dieu) vertueux.
- Que disent-ils ? demanda le Prophète.
- Ils disent: Mohammed est un serviteur (de Dieu) vertueux. »
Lorsque le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) les vit dans cet état, il n‘a pas désapprouvé leurs chants en mouvement. Au contraire, il les a laissé dans ce qu’ils faisaient. Or il est notoire que les dispositions légales sont déduites des dires, des actes et des décisions de l’Envoyé de Dieu. Dès le moment où il n’a pas interdit ce qu’ils faisaient il les a approuvés ; il en résulte que les chants en mouvement sont permis, même dans une mosquée.
Cette tradition atteste le caractère licite du mouvement qui accompagne l’éloge chantée du Prophète (que la paix et le salut soient sur lui). Encore faut-il dire que le mouvement opéré au moment du Dhikr ne soit pas considéré comme de la danse [divertissement]. Il est donc reconnu parce qu’il stimule le corps et aide à amener le coeur à être présent avec Dieu. Si l’intention est bonne, chaque chose étant évaluée selon l’intention qui l’anime, l’acte est apprécié. ‘’Les actes procèdent selon l’intention. Chaque homme aura [en rétribution] selon son intention’’, a dit l’Envoyé de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui).
 
 
Dans la Tradition des Compagnons :
 
L’Imam ‘Ali décrit ainsi les compagnons du Prophète. Abû Arâkat a dit: « J’ai accompli la prière du Fajr avec l’Imam ‘Ali. [ Une fois la prière accomplie ] il se déplaça sur sa droite et s’arrêta comme si une tristesse l’avait submergé. Au moment où le soleil s’éleva au dessus du mur de la mosquée d’une hauteur égale à la portée d’une lance, il pria deux Rak’ât, puis il fit balancer sa main et dit: « Par Allah, j’ai vu les Compagnons de Mohammed, que la paix et le salut soient sur lui, et je ne voie aujourd’hui rien qui leur est comparable: ils terminaient la nuit, le visage pâle, les cheveux ébouriffés et le corps recouvert de poussière. Ils se repentaient à Allah, en état de prosternation ou debout, ou en lisant le Livre d’Allah. Tôt le matin, ils invoquaient Allah en se balançant comme se balance l’arbre dans un jour de vent fort. Leurs yeux s’emplissaient de larmes jusqu’à mouiller leurs habits. » (Al-bidâya wa al-nihaya fî al-tarîkh: t.8, p.6)
 
 
Il est clair que les Compagnons du Prophète, que la paix et le salut soient sur lui, accompagnaient leurs invocations d’oscillations. Ainsi ceux qui prétendent que le balancement du corps est une innovation blâmable ne résiste pas aux faits traditionnels. C’est à dire en définitive, que le mouvement est absolument licite lors du Dhikr.
 
Certes, certains groupes, étrangers au Tasawwuff, ont altérés la beauté des cercles de Dhikr à cause des innovations répréhensibles qu’ils ont introduites et des actes détestables que la Sharî’a interdit sans conteste. Ces groupes s’assimilent aux soufis bien que ceux-ci les désavouent. Ce qui est regrettable, c’est que certains, qui se réclament de savants musulmans, se sont attaqués aux cercles de Dhikr, sans distinguer les étrangers dont nous avons parlés, des invocateurs sincères qui cheminent sur la voie d’Allah et dont le Dhikr ne fait que les enraciner dans la Foi, les élever à une morale sublime et leur procurer la sérénité du coeur ; alors que pour les étrangers au Soufisme dont nous avons parlé, le Dhikr est devenu chez eux un moyen de distraction qui encourage l’insouciance, l’indifférence et la réalisation de vils desseins.
 
En contrepartie, il exista des savants objectifs et équitables qui différencient des soufis véridiques qui prennent l’Envoyé d’Allah, que la paix et le salut soient sur lui, en exemple, et ces intrus hérétiques. Ces érudits ont exposé les lois d’Allah relatives au Dhikr. A leur tête, il y a le savant Ibn ’Abidîn qui, dans Shifâ al-’Alîl (La guérison du malade) a critiqué ces étrangers au Tasawwuff. Il a mis en évidence les innovations coupables et les actions illicites qu’ils y ont insérées dans le Dhikr. Et il poursuit en disant: « Il n’y a rien à dire sur la sincérité de nos maîtres soufis, innocents de toute accusation d’apostasie (abandon de la religion). »
 
 
L’Imâm al-Junaydî a mentionné: « Le savant, l’illustre Ibn Kamâl Pacha a répondu à une question concernant les gens qui se rassemblent et, en commun, balancent leur corps. Il a cité ces deux vers:
 
« Il n’y a aucun mal à éprouver des états spirituels intenses, quand tu es sûr qu’il s’agit bien de cela
et il n’y a aucun mal dans le balancement s’il est purement [l’expression de l’amour de] Dieu.
      
Tu te lèves [sous les effets de ton état], marches sur tes pieds. Et il convient pour celui qui est appelé par son Seigneur, d’aller vers Lui, quand bien même en marchant sur la tête. »
 
Il ne fait aucun doute que l’amour passion est le résultat de l’extase et sa manifestation. Il n’y a aucune gêne à s’y adonner si l’intention est bonne, comme l’a précisé Ibn ‘Abidîn dans le vers que voici:
 
« Il n’y a aucun mal dans l’amour de Dieu s’il ne procure aucune gène,
et il n’y en a pas dans le balancement s’il ne provoque aucun dommage. »
 
              (Ensemble d’écrits d’Ibn’Abidîn, p.172-173)
 
Puisque l’amour passion est légalement permis et qu’il ne procure aucune gène comme l’ont indiqué les ‘ulamas, il s’ensuit que l’extase en est la première conséquence. Or, l’extase des soufis et leur amour ardent ne sont que des acquisitions reçues des Compagnons de l’Envoyé de Dieu, que le salut et la paix soient sur lui.
 
Le muftî des shâfi’ites à la Mecque, le grand érudit Ahmad Zaynî Dahlan a écrit, dans son célèbre livre sur la Sîra al-Nabawiyya, une des scènes de leurs états. Commentant l’événement, il a dit:
 
« Après la prise de Khaybar, Ja’far Ibn Abî Tâlib était revenu d’Abyssinie, accompagné des vingt-six musulmans qui vivaient avec lui. Il rencontra le Prophète, que le salut et la paix soient sur lui, embrassa son front et lui donna l’accolade. L’Envoyé d’Allah se leva, par respect pour aller vers lui. Il en fit de même à l’arrivée de Safwân Ibn Ummiyya et Adî Ibn Hâtim. Il dit ensuite: « Je ne sais pas ce qui me rend joyeux: est-ce la prise de Khaybar ou l’arrivée de Ja‘far ? » Il dit à Ja’far: « Tu me ressembles de physique et de caractère. » Après ce discours, Ja’far se mit à danser pour savourer ce moment. Le Prophète, que le salut et la paix soient sur lui, ne le désavoua pas.
 
Il se trouve que « la danse » des soufis se fonde sur cet événement. C’est ce qu’ils font chaque fois qu’ils trouvent une sensation savoureuse dans leur amour passionné lors des assemblées qu’ils tiennent pour invoquer Dieu. »
 
(Tiré du livre al-Sirah al-Nabawiyya wa al athar al Mohammada ou La vie et l’oeuvre du Prophète, de Zini Dahlane en marge du livre La vie du Prophète dite Al-Sirra al-halabia, t.2 p.252 et le hadîth rapporté par Bukhari dans son Sahih.)
 
Commentant ce verset: « Ceux qui invoquent Dieu, debout, assis et allongés sur leurs côtés »,
 
 
Ahmad Zayni Dahlan a dit: « Ibn’Umar, ‘Arwâ Ibn al-Zubayr et un groupe de musulmans allèrent le jour de la fête de l’A’ïd au lieu où devait s’accomplir la grande prière. Ils commencèrent par invoquer Dieu. L’un d’eux dit: Dieu n’a-t-il pas dit: Ils l’invoquent debout et assis ? Ils se levèrent et se mirent à L’invoquer, en se tenant sur leurs pieds. Par leur comportement ils voulaient être bénis par Dieu en se conformant à l’une des positions prescrites par le verset. »   
 
Ainsi, nous comprenons de ce qui précède que le mouvement dans le Dhikr est légalement permis. A cela s’ajoute l’ordre donné par Allah pour la pratique du Dhikr qui est un ordre absolu: il englobe toutes les possibilités. Celui qui invoque Dieu, assis ou debout, arrêté ou en marchant, en se mettant en mouvement ou en demeurant immobile, celui-ci se conforme à ce qui est demandé et exécute un commandement divin.
 
Or celui qui prétend que le mouvement des corps est interdit dans le Dhikr ou qu’il est détestable, doit apporter une preuve décisive pour se justifier parcequ’il particularise certains commandements absolus sans d’autres par une loi particulière.
 
Quoi qu’il en soit, le but du musulman en se joignant à un cercle de Dhikr consiste à adorer Allah à travers ses invocations. Le balancement du corps n’est pas une condition mais un moyen pour dynamiser son culte et accentuer son amour ardent, dans la mesure où son intention est pure.
 
Adoptez leur attitude si vous n’êtes pas comme eux car la ressemblance avec les généreux est un succès.   


  La prise du pacte : LE SERMENT D’ALLÉGEANCE

     Ce qui précède confirme que le Murid qui cherche la perfection doit s’attacher à un Murshid par le pacte (initiatique) afin d’être orienté, guidé  sur la voie, et pour éclairer les aspects ténébreux de son âme, afin qu’il adore Allah avec la vision intérieure (basira), guidance et certitude.
Le pacte avec le Murshid: c’est un acte d’allégeance avec le Murshid dans la voie de l’abandon des défauts et le revêtement des attributs nobles, ainsi que la réalisation du pilier de l’Ihsan et l’élévation à travers ses stations (de l’Ihsan).
 
 
La prise du pacte est confirmée par le Coran, la Sunna et les Compagnons.
 
Dans le Coran:
 
Allah a dit: ‘’ Ceux qui  ont le pacte avec toi en vérité, ils le font avec Allah, La Main d’Allah et sur leurs mains, et ceux qui rompent le pacte le font contre eux ; et celui qui accomplit fidèlement son engagement, Allah lui apportera une récompense immense. ‘’ (sourate al-fath, 10 )
 
Cet engagement [par le pacte initiatique] est véritablement pour Allah ; et Il nous a mis en garde contre sa rupture: ‘’ Soyez fidèle au pacte que vous avez contracté avec Allah ; ne violez pas le serment [sur la foie] après l’avoir renforcé et désigné Allah comme garant contre vous. ‘’ (sourate an-nahl, 91 ) et aussi: ‘’ Et remplissez l’engagement [le pacte] ; on vous interrogera au sujet de ce pacte ‘’ (sourate al-Isrâ’, 34 ).
 
Dans la Sunna:
 
Le pacte / le serment d’allégeance n’a pas, dans la Sunna, une seule forme de transmission ; et il n’est pas spécifique à une assemblé précise. Il y a un pacte dans la Sunna qui concerne les groupes, les individus, les femmes et même celui qui est encore mineur.
 
® Le pacte des hommes,
 
Dans le Sahih de Bukhâri, selon Ibad ibn Samat le prophète a dit: ‘’ Donnez-moi votre engagement [faîtes avec moi le pacte] de ne rien associer à Allah, de ne pas voler, de ne pas commettre l’adultère, de ne pas tuer vos enfants, de ne pas proférer en toute conscience des propos mensongers, de ne pas être rebelle à ce qui est bien. Celui qui accomplit cela aura la rétribution d’Allah. Quant à celui qui s’oppose à cela, il devra une expiation pour sa vie entière, et celui qui en cela agit caché, son sort est entre les mains d’Allah. ‘’
 
® Le serment des groupes,
 
Ya’ala ibn Shadâd a dit: ‘’ Abî Shadâd ibn Aws m’a transmis, et Ihad ibn Sâmat peut le confirmer, nous étions chez l’Envoyé d’Allah et il dit: ‘’ Y a-t-il parmi vous des étrangers ? - c’est à dire des gens du Livre - nous lui dîmes: ‘’ Non, Envoyé d’Allah ‘’, et il ordonna de fermer la porte, et il dit: ‘’ Levez vos mains et dîtes: La ilaha ilâ Llah, nous levâmes nos mains et nous dîmes: La ilaha ilâ Llah, puis le Prophète dit: Louanges à Allah ; oh Allah Tu m’as envoyé avec cette parole, par elle Tu m’as ordonné, et par elle Tu as promis le Paradis, et Tu ne dévies pas de Ta promesse, puis il dit: Recevez cette bonne nouvelle car Allah vous pardonnera.’’
 
® L’initiation individuelle,
 
Un compagnon vînt chez le Prophète (S.a.w.) et l’interrogea: ‘’ Envoyé d’Allah, indique moi un moyen de me rapprocher d’Allah sur Lequel se fonde l’adoration et le plus en faveur auprès d’Allah, le Prophète dit: Pratique l’invocation d’Allah en secret et à voix haute, Alî dit: Tous les hommes sont des invocateurs, donne moi une chose pour moi, le Prophète dit: La meilleure [parole] que j‘ai dite, moi et les envoyés qui m’ont précédés, est: La ilaha ilâ Llah, et si cette parole est sur un plateau en face de tout ce qui est au ciel et sur la terre, elle a plus de poids. Puis Alî dit: Comment invoquer ? Le Prophète dit: ferme tes yeux et écoute de moi La ilaha ilâ Llah trois fois, puis je fis cela  en levant la voix. ’’
 
En ce qui concerne le pacte initiatique individuel, il est rapporté dans le livre de Tabarânî, al-wâssat, et chez al-Bayaqi selon Bacir ibn al-Kasâsiya, que celui-ci alla chez le Prophète faire le pacte, et il dit : De quelle manière faire le pacte avec toi, oh Envoyé d’Allah ? Alors le Prophète tendit la main et dit: ‘’ Témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah L’Unique et sans associé, que Mohammad est son serviteur et son Envoyé, accomplis les cinq prières dans leur temps, donne la Zakat prescrite, accomplis le jeûne du mois de Ramadan ainsi que le Hajj et lutte dans le chemin d’Allah ‘’. Il dit: Tout ce que tu as dit, je peut l’accomplir sauf deux choses: la Zakat car par Allah, mon bien n’est que de dix chameaux que j‘utilise pour le transport de ma famille, et le djihad, car je suis un homme lâche et j‘ai peur qu’au combat mon âme me suggère la fuite, et j‘ai peur d’encourir la colère divine. L’Envoyé lui prit la main et dit: Oh Bacir, pas d’aumône (sadaqa), pas de djihad, comment rentreras-tu au Paradis ? Alors il dit: O Envoyé d’Allah ! Donne ta main pour que je fasse le pacte, il lui donna sa main et fit le pacte.’’
   
 

Publié dans hamzah

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